Culture

Pour facilité la curiosité des uns et des autres nous avons préféré publier plusieurs versions selon qu’ils l’ont racontés concernant la cultures Kroumen et autres.

Chez le
Peuple Kroumen, et particulièrement dans la localité de Grand Béréby, le futur époux kidnappait la femme qu’il voulait épouser. L’homme procédait à une sorte d’enlèvement de la femme qu’il aimait et avec qui il entendait vivre.
Avec l’accord de ses parents et la complicité de sa dulcinée, le jeune homme partait pour une destination inconnue avec cette dernière. C’était un acte de bravoure et de courage. Il démontrait ainsi à ses futurs beaux-parents qu’il est responsable. Un homme capable de s’assumer. Ceux-ci ayant constaté l’absence de leur fille, font semblant de la chercher puis qu’ils savent qu’elle est en âge de se marier.C’est alors que les parents du jeune homme enverront une tierce personne avec la symbolique pièce de 5F, leur dire que leur fille en question n’est pas perdue, mais qu’elle se trouve en lieu sûr. Si cette somme est acceptée, elle sera suivie d’un bœuf qui représente la dot.

Cette culture se pratique en pays Kroumen, même si elle tend à disparaître. Elle demeure tout de même dans la coutume.

Le tatouage traditionnel féminin chez le peuple Kroumen

Femme kroumen tatouée pour sa dot

le tatouage fait partie intégrante de leur tradition, en Côte d’ivoire dans le groupe ethnique Krou aussi bien chez les guéré que chez les kroumen, le tatouage féminin est une pratique traditionnelle ancestrale conservée jalousement. Cependant, si sous d’autres cieux notamment les peuls il est perçu comme un critère de beauté implacable, chez le peuple kroumen en revanche celui-ci bien que sublimant la beauté féminine est plutôt le symbole d’une identité. Le Mlin, le Bouê, le Zran ou encore le Lalé etc..tel que appelé selon les idiomes met en lumière toute la « kroumenité » de la femme tant lors des événements de deuils que de réjouissances comme la dot, la levée de deuil, la reconnaissance etc…

Composition

Le tatouage féminin kroumen est obtenu à partir du mélange de deux compositions: la feuille d’un arbre appelé «Mlintougbê» ou encore Bahatou (selon les idiomes) qu’on pile pour en extraire le jus et les fruits de ce même arbre qui après avoir été séchés sont bouillis pour en recueillir la solution. C’est avec le mélange de ces deux compositions que l’on applique les dessins.

Application
Elle se fait selon l’inspiration de celle qui les applique. Avant l’application de ces marques corporelles, il est possible de recouvrir de cendre les parties du corps sur lesquelles s’appliqueront celles-ci. Parallèles ou obliques, verticaux ou horizontaux parfois même circulaires, les traits peuvent avoir des formes et styles variés. Toutefois leurs applications diffèrent selon qu’il s’agisse d’un événement de réjouissance ou de deuil. Lors d’un événement heureux, l’application des dessins se fait à l’aide des tiges de l’arbre et admet des design. Mais quand il s’agit d’événement malheureux tel que le deuil, il n’y a pas de design. Dans ce cas, l’on fait couler le jus à partir de la tête et cela verse sur le corps.

La Dot en pays Kroumen
Club des Amis de Tabou 

De ce fait, les deux premières phases du processus énoncées plus haut deviennent forcloses. Ici, et c’est d’ailleurs ce qui nous parait le plus fréquent, on se contente directement de payer la dot, appelée « taman » (par la frange des Kroumen du département de Tabou). Certains vont jusqu’à l’assimiler au mariage coutumier Kroumen. Or la dot, bien qu’elle soit le maillon essentiel du processus du mariage coutumier Kroumen, n’en constitue pas la finalisation.

La dot en effet constitue des biens donnés par le fiancé à la famille de la fiancée pour obtenir celle-ci en mariage (compensation matrimoniale). Le « taman » est la phase qui met en présence le « tougba » de la jeune et celui de l’homme. Et, par l’entremise d’un intermédiaire extérieur aux deux « tougba », des dons de grandes valeurs sont offert au « tougba » de la femme par la famille de l’homme. Il s’agit:
D’un verre blanc et une assiette cassable sans motif que le « tougba » de la femme confie à l’un de ses membres,
Du tabac, d’une chèvre et la symbolique somme de 125 f dévolue à la mère de la fiancée,
De la viande (3 paniers), un panier d’asperge, de la graine de palme (3 paniers) distribués dans le village de la femme,
Un pagne Kita et d’autres complets de pagnes,
Une grande quantité de boisson alcoolisée (gin et liqueur) ainsi que du bandji destinée au « tougba » de la fiancée.

Compte tenue de la rareté de certains objets, l’on donne de l’argent à la hauteur de ceux-ci en compensation.

Ces objets constituent en somme le minimum prescrit et réclamé par l’usage et ils sont destinés à reconfirmer publiquement le contrat de mariage. Il faut aussi préciser que compte tenue de la rareté de certains objets, l’on donne de l’argent à la hauteur de ceux-ci en compensation. Certes, la fiancée ne reçoit rien de tout ça mais elle ne doit pour autant pas être négligée pendant cette phase et ne doit non plus pas être enceinte.

Par ailleurs, il convient de noter que cet aperçu que nous venons de brosser n’est pas exhaustif. Autrement dit, l’aire culturelle Kroumen est un ensemble très complexe d’environ une trentaine de tribus ; à cet effet, la coutume varie légèrement pour le montant de la dot à verser suivant les tribus. Après l’acceptation des cadeaux de la dot par les parents de la fille, l’engagement ne peut être rompu aux yeux des lois coutumières sauf cas de force majeure. Cette phase ouvre la voix au mariage.

En somme, nous retenons que la dot est une phase essentielle du processus de mariage coutumier Kroumen. Caractérisé par des dons à caractères symboliques, la dot confirme les fiançailles et permet d’aboutir au mariage.

Par ailleurs, il serait malhonnête et prétentieux de notre part d’affirmer que cet inventaire que nous avons dressé est exhaustif. De nombreuses variations peuvent être observées selon que l’on se trouve dans tel ou tel département de la région de San-Pedro ou dans telle ou telle tribu. Cette ébauche mérite donc d’être approfondie afin de pérenniser et valoriser la culture et la tradition Kroumen. Nous restons ouverts à vos observations et suggestions.

La figure de la femme dans la société kroumen
Club des Amis de Tabou 

Femme kroumen porteuse de clochette
Dans la société kroumen tirée en partie de la civilisation africaine, la femme a un rôle de mère. En cela elle veille au quotidien au bien être de sa famille en réalisant certaines tâches qui lui sont dues. Parlant notamment des travaux ménagers entre autres assurer la propreté de sa maison et du village, le repas etc…Comme dans la plupart des organisations sociales africaines, elle est absente lors des grandes prises de décisions qui reviennent aux hommes pour qui elle demeure néanmoins une conseillère privilégiée.

Les femmes sont réunies en conseil dans chaque village et peuvent se faire entendre à certains moments notamment lors d’une situation d’une extrême gravité (…) A ce moment, le conseil des femmes est convoqué d’urgence au moyen d’une clochette.
Toutefois, dans la société kroumen, les femmes sont réunies en conseil dans chaque village et peuvent se faire entendre à certains moments notamment lors d’une situation d’une extrême gravité portant atteinte à leur dignité ou en cas de revendication et autres. Au nombre des cas les plus fréquents l’on peut citer les injures, les violences avec coups et blessures etc…. A ce moment, le conseil des femmes est convoqué d’urgence au moyen d’une clochette. Pour la petite histoire, cette clochette tirerait ses origines du souvenir d’un navigateur ramené de retour de son voyage. Plus tard, vu sa portée pour des raisons de commodité celle-ci sera adoptée en lieu et place de la voix comme signal d’alerte. Cette clochette qui sort rarement, joue un rôle prépondérant. C’est le symbole qui fait entendre la voix des femmes, qui les rassemble toutes autour d’un objectif commun : la défense de leurs droits. C’est pour cela, celles qui portent la clochette sont exclusivement des femmes mariées à qui l’on reconnait une maturité et un dynamisme, capables d’assurer la mobilisation et de défendre la cause féminine. Au retentissement de la clochette qui tient lieux de convocation, toutes les femmes abandonnent maisons et foyers pour suivre le mot d’ordre. A cet instant, comme pour traduire, le dégrée de solidarité des femmes kroumen, un divorce ou une rupture momentanée est scellée avec leurs époux. Le temps que soient engagé des pourparlers devant déboucher à la présentation officielle des excuses et au paiement d’une rançon en compensation du préjudice subit. Autrement, allant de quartiers en quartiers et de villages en villages, toutes les femmes sont délogées désertant ainsi les villages.

Comme il est loisible de le constater, la figure de la femme dans la société kroumen se décline non seulement en des devoirs que celle-ci se doit d’accomplir vis-à-vis de sa famille, de son époux et de sa communauté. Mais aussi et surtout en des droits qui lui sont reconnus et dont la défense se paye au prix de leur bravoure.

Culture Kroumen : Que savoir de la danse Bollo ?

C’est à n’en point douter l’une des valeurs de la culture Kroumen. Les origines de cette danse au rythme à la fois mélodieux et dont les pas rappellent le rock et la valse des européens, se perdent dans la nuit des temps…
L’histoire nous enseigne que le bollo est une danse importée. Elle est le fruit du métissage culturel de la traite des noirs.
Aujourd’hui , la danse bollo a connu des mutations. Du bollo traditionnel, elle est passée au bollo super puis au bollo moderne.
En effet, l’on se souvient que le Liberia a été fondé par des anciens esclaves noirs venus des Amériques. Avant leur déportation, ces noirs intègrent le mode de vie de leurs maîtres. C’est ainsi qu’ils parlent anglais ou Hollandais, dansent le bollo au claire de lune, autour de leur boissons préférées, le Cane – juice. Ce type de bollo est dit bollo traditionnel. Les principaux instruments de l’exécution du Bollo sont : un tam-tam de fabrication artisanale, un accordéon ou harmonica et des instruments de récupération : une bouteille vide avec un petit morceau de fer et une scie de charpentier avec également un petit morceau de fer.
Les instruments rudimentaires, ci-dessus mentionnés, ont au fil du temps été progressivement remplacés par ceux dits modernes : guitare, claviers, batterie, etc.
Ces instruments modernes ne changent en rien, la rythmique et la cadence du Bollo. Le changement a été opéré pour épouser l’ère du temps. Les grebos voisins, voire pratiquement intègres aux Kroumen de Cote d’Ivoire avec des similitudes culturelles du fait de leur proximité, le bollo traditionnel fait son entrée en terres ivoiriennes.
Les Kroumen du pays hôte s’approprient ce rythme et en font leur affaire. Tabou, capitale de la navigation en raison de la proximité frontalière en sera le berceau, avant que cette danse ne gagne tout le grand pays Krou. Le bollo traditionnel à désormais un rythme et une langue spirituelle (le Grebo).
Depuis 1935 le bollo ne se chante qu’en Grebo et ces mots de passe sont en anglais « two by two », « three », « four », « five », « two by way », « do si para do », sont suivis des battements de mains ».
Danse de réjouissance après les durs travaux champêtres, le bollo contribuait à l’animation du village et permettait aux jeunes filles de sortir du joug familial.
Sa portée sociale a conduit les Kroumen à l’associer aux différentes fêtes de réjouissances du village : bonnes récoltes de l’année, bonnes ventes des produits agricoles, soirées récréatives, moments de retrouvailles, fin de construction d’une maison, etc.
Outre les manifestations de réjouissance, le Bollo était aussi chanté et dansé lors des funérailles .Car en pays Kroumen, comme un peu partout en Afrique , le culte des morts revêt un intérêt particulier. A en croire les anciens, c’est le moment où l’âme du défunt quitte le corps et s’en va rôder aux alentours du village jusqu’au jour de l’enterrement, le peuple Kroumen pense qu’il est préférable de se réjouir afin que l’esprit participe, ne serait-ce qu’une dernière fois à la fête de ce monde ici-bas, avant le dernier voyage pour l’au-delà.

Dans le temps, les tenues vestimentaires utilisées pour danser le Bollo, étaient des modèles tirés de la civilisation européenne, rapportés des nombreux voyages de navigation maritime sur les bateaux de commerce.
Les hommes et les femmes s’habillaient dans des tenues vestimentaires adaptées à l’époque.
Le Bollo se danse par couples homme-femme, à hauteur de 8 à 12 personnes et même plus dans un endroit spacieux, au cours des manifestations festives.
La chorégraphie bollo est faite de figures circulaires, de pas et de gestes variés, dirigés par un chef de file.
Aujourd’hui, ce type de prestation est beaucoup plus pratiqué aux représentations publiques au cours des concerts, des spectacles et autres cérémonies festives. Il ne s’impose pas à tous ceux qui veulent danser le Bollo.
Pour danser le Bollo, on peut donc adapter n’importe quel pas de danse des régions de la Côte d’Ivoire et d’ailleurs
Le bollo a connu deux grands maîtres : DJE GNAFFO et KAI pour le bollo moderne et KANE SONDE pour le bollo super.
Le bollo moderne et le bollo super ont épousé l’air du temps avec tous les instruments de notre époque afin d’être exploité depuis ses origines. Il nous faut aller encore chercher les origines du bollo sous d’autres cieux car cette danse à beaucoup de similitudes avec certaines de la côte de l’Afrique.

Le Klé : Danse guerrière du peuple Kroumen

Une démonstration de scène de guerre livrée sur un champ de bataille chorégraphique où visage, pas et gestuelle au rythme du son du Cor battent le pouls de la terreur, le Klé, danse guerrière du peuple Kroumen
Allie frayeur, admiration et respect. Et comment pouvait-il en être autrement pour ce peuple à qui l’on reconnait déjà la réputation de posséder des qualités humaines tel que la bravoure et le courage qui ont forgé son histoire. Et à observer l’exécution de la danse Klé, l’on comprend qu’il ne s’agisse pas de vantards attributs. Aussi bien dans les costumes (habits), dans les tatouages ou peintures corporels que dans la gestuelle et la chorégraphie du Klé, l’esprit guerrier est omniprésent. Jugez-en vous-même.

Exécution de la danse

Vêtus de tenues sombres et en lambeau, le visage badigeonné du noir de charbon (Yroyro), avec sur la tête une coiffe en peau d’animal (Folla) et au pied des collier bruyant (Yawlé), les danseurs apparaissent en tenant des machettes (en acier ou taillées dans du bois),. Toujours précédés d’un éclaireur (Wêhagnon) muni d’une boîte métallique pleine de cailloux avec lequel il signale son passage et censé posséder des pouvoirs mystiques pour déceler et déjouer tout piège maléfique de nature à contrarier leur avancée, ceux-ci avancent en rang, à grands pas et en silence, franchissant tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin, jusqu’à la place publique où la foule les attend pour les découvrir et apprécier leur chorégraphie.

Les premiers passages des danseurs sont juste démonstratifs et faits d’exhibition. Ensuite, chacun à son tour ou deux à deux, ils vont danser au son des percussions (troncs d’arbres et tam-tams joués par des musiciens-virtuoses, sans chansons). Le joueur de cor et l’éclaireur demeurent présents et vigilants. Quelques personnes téméraires (badigeonnées de noir) peuvent sortir du public pour intégrer le rang des danseurs, sillonner le village et danser, des feuilles d’arbres coupées, entre leurs mains.

Moment et circonstances pendant lesquels s’exécute la danse Klé

Le Klé est essentiellement danser lors des événements d’envergures comme les visites officielles de personnalités politiques ou diplomatiques, les intronisations et les funérailles. Toutefois, pour que les obsèques d’un Kroumen méritent la danse Klé, il faut que le défunt ait connu, à défaut des guerres comme autrefois, un parcours ou un rôle singulier (chef, cadre très actif, ancien danseur de Klé, acte de grande bravoure, etc.). Quoi de plus normal ! les En général, la danse Klé sort pour les funérailles d’hommes. Mais, quelques femmes (illustres et braves) ont aussi eu droit à la danse. Le Klé se danse (sauf cas de force majeure) aux premières heures de la matinée, après que le joueur de cor (TougnamBiyon) ait sillonné tout le village pour réveiller la population et sonner la mobilisation des danseurs. Le Klé ne se danse jamais la nuit !
Le Klé se danse par village ou par groupement de villages (Wlé). Même si le côté mystique prime, on tolère un aspect festif qui devrait être de plus en plus servi, pour assurer la pérennité de cette danse, qui symbolise la bravoure des Kroumen.

Le Klé : Danse guerrière du peuple kroumen
Club des Amis de Tabou 

Danseur de Klé crédit photo: Charles Gnepa

Une démonstration de scène de guerre livrée sur un champ de bataille chorégraphique où visage, pas et gestuelle au rythme du son du Cor battent le pouls de la terreur, le Klé, danse guerrière du peuple kroumen allie frayeur, admiration et respect. Et comment pouvait-il en être autrement pour ce peuple à qui l’on reconnait déjà la réputation de posséder des qualités humaines tel que la bravoure et le courage qui ont forgé son histoire. Et à observer l’exécution de la danse Klé, l’on comprend qu’il ne s’agisse pas de vantards attributs. Aussi bien dans les costumes (habits), dans les tatouages ou peintures corporels que dans la gestuelle et la chorégraphie du Klé, l’esprit guerrier est omniprésent. Jugez-en vous-même.

Exécution de la danse

Vêtus de tenues sombres et en lambeau, le visage badigeonné du noir de charbon (Yroyro), avec sur la tête une coiffe en peau d’animal (folla) et au pied des collier bruyant (Yawlé), les danseurs apparaissent en tenant des machettes (en acier ou taillées dans du bois),. Toujours précédés d’un éclaireur (Wêhagnon) muni d’une boîte métallique pleine de cailloux avec lequel il signale son passage et censé posséder des pouvoirs mystiques pour déceler et déjouer tout piège maléfique de nature à contrarier leur avancée, ceux-ci avancent en rang, à grands pas et en silence, franchissant tous les obstacles qui se dressent sur leur chemin, jusqu’à la place publique où la foule les attend pour les découvrir et apprécier leur chorégraphie.

Les premiers passages des danseurs sont juste démonstratifs et faits d’exhibition. Ensuite, chacun à son tour ou deux à deux, ils vont danser au son des percussions (troncs d’arbres et tam-tams joués par des musiciens-virtuoses, sans chansons). Le joueur de cor et l’éclaireur demeurent présents et vigilants. Quelques personnes téméraires (badigeonnées de noir) peuvent sortir du public pour intégrer le rang des danseurs, sillonner le village et danser, des feuilles d’arbres coupées, entre leurs mains.

Moment et circonstances pendant lesquels s’exécute la danse klé

Le Klé est essentiellement danser lors des événements d’envergures comme les visites officielles de personnalités politiques ou diplomatiques, les intronisations et les funérailles. Toutefois, pour que les obsèques d’un kroumen méritent la danse Klé, il faut que le défunt ait connu, à défaut des guerres comme autrefois, un parcours ou un rôle singulier (chef, cadre très actif, ancien danseur de Klé, acte de grande bravoure, etc.). Quoi de plus normal ! les En général, la danse Klé sort pour les funérailles d’hommes. Mais, quelques femmes (illustres et braves) ont aussi eu droit à la danse. Le Klé se danse (sauf cas de force majeure) aux premières heures de la matinée, après que le joueur de cor (TougnamBiyon) ait sillonné tout le village pour réveiller la population et sonner la mobilisation des danseurs. Le Klé ne se danse jamais la nuit !
Le Klé se danse par village ou par groupement de villages (Wlê). Même si le côté mystique prime, on tolère un aspect festif qui devrait être de plus en plus servi, pour assurer la pérennité de cette danse, qui symbolise la bravoure des kroumen.

Accueil et hospitalité en pays kroumen : le sens du rite de la kola et du piment
Club des Amis de Tabou 

La kola et le piment présentés à un hôte
crédit photo: http://www.baobab-gourmantche.over-blog.com

Le rite de la kola et du piment est une civilité kroumen très ancienne qui, depuis des lustres,est considéré par ce peuple comme le signe de l’accueil et de l’hospitalité.
Identité culturelle par excellence du peuple kroumen, le rite de la kola et du piment constitue le premier indicateur d’appartenance à ce peuple. Depuis longtemps, les kroumen s’en sont servis pour accueillir leurs hôtes de marque, des personnes chères, etc., une façon de leur témoigner leur considération. Héritage traditionnel vieux de plusieurs générations, le rite de la kola et du piment est tout un symbole qui tire son sens d’une histoire assez impressionnante.
En effet, la légende raconte qu’un chasseur, après plusieurs jours passés en brousse en quête de gibier, ramena aux siens des cabosses de la noix de kola emportées dans sa gibecière. Puis, il leur fit savoir que c’était grâce aux vertus de ce fruit tonique et stimulant riche en alcaloïde notamment en caféine qu’il avait pu résister à la fois à la faim et à la fatigue. C’est ainsi que ses parents, en souvenir de ce fruit inconnu qui lui avait permis de rester plus longtemps que d’ordinaire en brousse, le nommèrent « Wlé », ce qui veut dire en langue Plapo : le repos.

Depuis lors, en pays kroumen, on sert à son hôte la kola pour lui donner de la vigueur car, on estime qu’il a parcouru des kilomètres avant d’arriver chez soi. C’est par ailleurs, une façon de lui souhaiter la bienvenue et un agréable séjour.

Plus tard, dans le souci d’agrémenter la consommation de la kola, l’usage du piment appelé communément « Wlépiya ou Wépayi ou encore Wépayé » (selon les idiomes) finira par intégrer les mœurs kroumen. Il s’agit en clair d’un piment composé de poudre de poisson, de crevette, d’huile de palme et de quelques fruits aromatiques utilisés pour relever son goût. Ce rite est toujours accompagné de ce qu’on appelle « l’eau de la kola », c’est-à-dire de l’eau plate qui est suivie d’une boisson, qu’il s’agisse du vin de palme, de la bière ou de la liqueur. C’est donc après ce rite que le kroumen demande officiellement les nouvelles à son hôte.

(Côte-d’Ivoire – San Pedro- La Cola est un fruit très prisé chez le peuple Kroumen. Il est offert aux invités de marque et aux personnes qui leur sont chères.)
Pour la petite histoire, le cola aurait été découverte chez le peuple Kroumen par un chasseur qui l’a fait connaitre à sa famille du retour de la chasse. Il a ainsi ramené des cabosses de ce fruit dans sa gibecière, lesquelles selon la légende, lui auraient permis de résister à la faim et à la fatigue durant son séjour dans la forêt. Depuis ce temps, ce fruit occupe une place de choix chez le peuple Kroumen qui l’a nommé « wlé » ce qui signifie en HOMPO (sous-groupe Kroumen) « Repos ».
Pour l’offrir, la cola est lavée et découpée en morceaux puis mis dans un récipient contenant de l’eau. Il s’accompagne de piment obtenu à partir de mélanges de la poudre de piment sec, de la poudre de poisson et d’écrevisses secs ainsi que d’arômes typiques de la région pour relever le goût. Elle est offerte avec une boisson locale faite par les Kroumen appelés « Kingus » liqueur faite à base de canne à sucre ou encore le vin de palme ou de raphia.

Le bollo : Origine et évolution d’une danse de renommée kroumen
Club des Amis de Tabou 

Le Bollo est un rythme venu de Tabou et pratiqué par les Kroumen dans l’extrême sud-ouest de la Côte d’Ivoire. C’est à la fois des chansons mélodieuses et des pas de danses qui rappellent le rock et la valse.

Origine du bollo

L’origine du bollo tirerait ses sources du Highland écossais. En effet, les esclaves et les matelots Kroumen, ces maitres des eaux se divertissent après les interminables besognes dans les plantations de canne à sucre, imitant la danse de leur maîtres écossais, non pas dans de beaux habits mais dans leurs désespérants haillons, leur seule protection contre ces nuits froides, nostalgiques et au son des bouteilles vides d’eau de vie et chantant d’un seul chœur leur détresse envers Gnessoa, le Dieu Kroumen. C’est ainsi qu’après leur libération au 18ème siècle, beaucoup regagnent la Côte ouest-africaine avec les marques de fouet sur le dos mais le cœur plein d’espoir et les pieds riches d’une nouvelle danse.Ils enseignèrent alors aux leurs, cette nouvelle danse «Bollo» en déformation de «Ball-round», en faisant référence aux cercles formés au cours des danses écossaises, des expressions nouvelles qui se transformeront avec le temps en langage tribal et surtout un style vestimentaire «Highland».

En effet, les chefs traditionnels revêtent désormais des chaussettes, au lieu de la jupe, un pagne, une serviette au cou et un chapeau. Le Kroumen a donc digéré cette culture étrangère, l’a formaté avec ses propres sentiments et l’a restitué au monde.

Évolution du Bollo

Le Bollo se danse par couple (homme/femme), à hauteur de 8 à 12 personnes et même plus, dans un endroit spacieux, au cours des manifestations festives.La chorégraphie Bollo est faite de figures circulaires, de pas et de gestes variés, dirigés par un animateur principal.
Aujourd’hui, la danse Bollo a subi une évolution dans son orchestration car, au départ, il y avait un chanteur un choeur et une bouteille pour le rythme. Ce Bollo qualifié d’originel s’enrichissant de l’accordéon, en plus de chants en langue «grebo» prend alors le nom de Bollo traditionnel. Quant au Bollo dit moderne, il voit introduire : la guitare, les basses, le piano en plus des instruments de base. Cette évolution temporelle a permis au Bollo d’entrer dans la World Music et ses promoteurs les plus connu sont : Kané Sondé, Djê Gnafô Joseph, Barou Sebsy, Meiway…
Au départ chanté lors des funérailles en raison de importance accordé au culte des morts en pays kroumen, le Bollo s’intègre maintenant partout jusque dans les Eglises et les temples, en développant plusieurs thèmes dont la réjouissance, la paix, les rapports entre les hommes et toutes les situations de la vie.

LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
1. LES IDIOPHONES

On entend par idiophones des instruments produisant des sons par eux mêmes, c’est-à-dire dans lesquels la matière dont ils sont faits vibre lorsqu’on les utilise et produit un son qui leur est propre 15. Les matériaux sonores dans lesquels ils sont faits ne requièrent aucune tension supplémentaire comme dans le cas des instruments à cordes ou des tambours. Le bois, les coques de fruit, la calebasse, le raphia, le métal demeurent les principaux matériaux intervenant dans la fabrication des idiophones en pays niaboua.

1.1. Hochet-sonnailles Sabré ou ziangloué

Cet instrument se compose d’une calebasse entière (Lagenaria vulgaris, Cucurbitacée), de forme sphérique, dont la partie effilée sert de poignée et que recouvre un filet (fait de cordelettes en macramé), à larges mailles losangées, qui porte des perles ou des vertèbres de serpent enfilées. Les fils qui s’entrecroisent sur la surface de la sphère sont constitués par des filaments de coton tordus ; au bas du filet, ils bouclent autour d’une ceinture de même matière qui enserre la calebasse à hauteur de la naissance du col ; ils s’assemblent au sommet pour y former une tresse d’une vingtaine de centimètres de longueur16. Tirant celle-ci, la main gauche tend le filet contre la paroi :

la main droite, qui empoigne le manche, imprime à la calebasse un rapide mouvement de va-et-vient à l’intérieur du filet, pratiquement immobile. Les cliquetis sont produits par le contact des perles ou des vertèbres de serpent enfilées avec la calebasse.

On retrouve le hochet-sonnailles presque partout en Côte d’Ivoire. Cet instrument est aussi bien joué par les hommes que par les femmes. Il n’existe donc aucun interdit ou autre prescription rituelle restrictive se rattachant à la pratique de cet instrument. Le musicien en joue avec une parfaite précision rythmique s’arrêtant net sur un brusque sforzando17. C’est un instrument de musique produisant une tonalité haute, mais assez sèche, contrastant souvent avec le son grave, moins vibrant des tambours.

L’instrument, qui, à première vue semble d’un emploi facile, se montre en réalité assez difficile à manipuler, et tout homme ne sait pas s’en servir correctement. A. Schaeffner18 nous apprend que « le hochet à percutants externes, signalé au début du xviiie siècle dans la région du Bénin, est employé au Mali (Bambara, Dogon) et dans les pays riverains de l’Atlantique depuis la Guinée jusqu’au Nigeria. On le retrouve aux Antilles et au Brésil dans des cultes d’origine africaine comme le vodou. » Le hochet-sonnailles est l’un des instruments de musique les plus répandus et les plus utilisés en pays niaboua ; il n’existe probablement aucun village où on n’en conserve pas au moins un exemplaire.

Selon le vieux Torou Séan Rodolphe, chef de terre du village de Garobo, le hochet-sonnailles est dénommé sablé lorsqu’il constitue un ensemble de plusieurs hochet-sonnailles et accompagne les danses masquées et ziangloué lorsqu’il se retrouve seul pour accompagner une musique profane.

D’une manière générale le hochet-sonnailles sablé accompagne les masques, les guerriers et plusieurs genres musicaux traditionnels comme le tohourou, le dissabré… Son bruit rythmé sert de basse continue aux chants.
1.2. Hochet double

Kôdji

Cet instrument est généralement fabriqué par les filles de 10-13 ans. Elles cueillent en brousse deux fruits à coque sphérique et dure (Oncoba spinosa, Flacourtiaceae). Elles les vident, y mettent des cailloux ou des graines à la place, puis posent des bouchons en moelle de palmier-raphia et elles les attachent avec une ficelle de coton ou en fibre végétale.

Le jeu du hochet double combine le secouement avec l’entrechoc. La joueuse coince une graine entre l’index et le majeur à l’intérieur de la paume, elle fait pivoter la deuxième graine autour du pouce : tantôt elle frappe les graines, tantôt elle les secoue pour faire tinter les cailloux. On retrouve cet instrument dans certaines régions de la Côte d’Ivoire comme en pays bété et baoulé où il est respectivement dénommé kôtchi et kotché-kotché ou abôlouman.

En pays niaboua les hochets doubles kôdji sont joués par les filles pubères, les seins nus, lors de cérémonies de réjouissances qui se déroulent dans la matinée et

 

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